mardi 8 août 2017

3 jours en terre Dayak

Dès la fin du tour dans la réserve d Tanjung Puting, une voiture nous attend à Kumai pour nous conduire vers Kalimantan Ouest dans l'un des nombreux villages Dayak. Sous la houlette de Fébri et conduits par Ipol, nous prenons la direction de Lakamau.
En route, nous nous arrêtons dans une fabrique de machettes où sont produits les couteaux utilisés par la plupart des agriculteurs de la région. Les conditions de travail sont incroyables: aucune protection, les seules lunettes que portent les ouvriers sont de fausses Ray bans made in China et ne parlons ni de l'hygiène, ni de la sécurité.


Nous arrivons à Lakamau, où, en dehors des ronds points à la gloire de choses aussi diverses que les épis de maïs, les cerf, les toucans etc. et le poste de police où nous devons faire notre déclaration, il n'y a strictement rien à faire.


 Une assiette de nasi goreng plus loin, nous reprenons la route qui traverse des kilomètres et des kilomètres de plantations de palmiers à huile. 



Au total, 70 km au milieu de ces maudits palmiers qui produisent dans des conditions lamentables l'huile bon marché et de piètre qualité tant prisée de l'industrie agroalimentaire. Une loi hypocrite stipule que toute terre qui n'est pas une forêt peut être vendue avec un permis d'exploitation agricole. Comment transformer une forêt en une non forêt? En la brûlant, bien sûr, d'où les nombreux et gigantesques incendies qui ont détruit une grande partie de la forêt primaire de Bornéo au cours des 20 dernières années. Ce massacre me conforte dans ma traque de l'huile hydrogénée sur les étiquettes des produits alimentaires.
Nous sortons enfin des embouteillages de camions qui transportent les fruits des palmiers, les produits phytosanitaires abondamment utilisés, les engins de terrassement et le carburant pour les alimenter. La route passe d'une colline à l'autre, traverse des villages où les églises protestantes ont remplacé les mosquées. Nous sommes sur le territoire Dayak dont la majorité des ressortissants de ce district ont choisi le protestantisme parmi les 6 religions officiellement disponibles en Indonésie (islam, protestantisme, catholicisme, hindouisme, bouddhisme et ... confucianisme). 
Nous passons une nuit dans un joli village composé d'une centaine de familles.




Par certains côtés, on se croirait presque en Suisse.

La famille d'accueil est formidable et les nasi goreng absolument délicieux.


Le soir même, une fête d'accueil est organisée. Au programme, cérémonie d'intronisation, danses et vin de palme.




Dimanche, départ pour une randonnée en forêt. Oubliez celles de Fontainebleau ou de compiegn, la forêt primaire de Bornéo est peuplée de singes, d'oiseaux aux multiples couleurs et de detestables sangsues qui ont la fâcheuse tendance de se glisser dans les chaussettes ou sous la chemise. L'antimoustique est bien plus efficace que les hurlements pour les chasser ... il y a de la boue partout, les chaussures sont trempées et nous improvisons un étendoir pour les sécher.



Accompagnés de porteurs dirigés par Mr Ioux, de Fébri et d'Ipol, nous partons vers des chutes d'eau pour camper.

Le campement est étonnant: les tentes sont montées sut des plate-formes constituées de branches liées avec des lianes de rotin à environ 1 m au dessus du sol et une bâche de plastique est tendue au dessus. Nous comprendrons l'intérêt de la chose un peu plus tard.


Nous partons nous baigner avant de passer aux choses sérieuses: la préparation du dîner par Fébri et Ipol.



Le soir, les porteurs nous présentent aux esprits de la forêt (cérémonie du riz, du vin de palme et offre d'un bracelet avec des feuilles) et puis dodo. Vers 10 heures, la pluie commence à tomber. Une bonne grosse pluie tropicale qui ne va plus s'arrêter. La bâche tient bon mais le joli petit torrent est devenu une rivière tumultueuse et il y a de l'eau partout. Sauf dans la tente ! Finalement, les esprits de la forêt ont du bon ...



Le matin, alors qu'il pleut des trombes, les porteurs font du feu sous leur bâche et nous prenons un petit déjeuner composé de café et de nasi goreng (oui, encore !). La pluie est de plus en plus diluvienne; nous décidons de quitter les lieux. Comme il est impossible de rentrer par le chemin emprunté à l'aller (environ 8 rivières à traverser) nous suivons un autre sentier qui n'en comporte que 6 (mouais...) mais moins profondes. C'est une véritable débâcle d'autant que les sangsues qui, elles, aiment la pluie, se collent à nous de plus belle et cherchent à piquer à travers le pantalon. Au bout de quelques heures de marche, nous retrouvons la route dans un état lamentable. 



Les sacs à dos ont pris l'eau et les vetements, qui avaient séché au feu et que nous avions précieusement rangé dans des sacs en plastique, empestent à plein nez.
Vite en voiture pour retrouver Pangkalan Bun et le joli hotel Arsela pour une bonne douche et des vêtements propres.

Avec qui ? Les mêmes que pour le parc de Tanjung Puting:

Yani AHMAD de Bornéo Orangutan travel tour avec qui nous avons programmé notre séjour à Kalimantan et qui a tout organisé:
info@orangutantravel.com

Ou bien Fébri (une super guide qui connaît parfaitement les animaux du parc, les noms des plantes et des arbres, les problèmes écologiques à Bornéo, de nombreux sentiers de randonnée, etc.). Le contact à conserver en priorité pour des virées à Kalimantan.
febriyan99@gmail.com

Où dormir ?
Hôtel Arsela. Pas de piscine mais beaucoup de charme et tout près de l'aéroport. Une très bonne adresse à Pangkalan Bun.

1 commentaire:

C'est à vous...